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De Najac . . . aux landes bretonnes
à la recherche du monde perdu
Mais qu'est-ce qu'il avait donc cet arbre
avec ses branches comme de longs bras
s'étendant jusqu'au lac ,
avec ses doigts crochus
qui semblait vouloir en griffer la surface ?
A moins qu'il n'ait voulu les enfoncer dans les ondes
pour découvrir leurs secrets
car
c'était un arbre qui avait le temps,
c'était un arbre qui s'ennuyait...
Peut-être cherchait-il les profondeurs de l'abîme,
malaxant de ses phalanges de bois les eaux moites insondables
pour y trouver des choses incommensurables ?
Ou bien croyait-il qu'au fond de ces eaux troubles,
s'il y regardait bien,
il pourrait apercevoir le fantôme de la dame blanche?
Peut-être, peut-être pas
mais il avait le temps et il s'ennuyait fort,
et ce n'est pas en gratouillant le ventre des truites
avec ses doigts branchus qu'il arriverait à se faire des amis...
Des truites dans ce lac, il n'y en avait pas
et lui, il recherchait les grandes difficultés,
celles qui font avancer dans la métaphysique ou la psychologie ,
enfin tous ces mots avec beaucoup de H et de Y aussi.
Il recherchait à faire, puisqu'il avait le temps et puisqu'il s'ennuyait,
quelque chose de très dur et de très compliqué
et qui prendrait du temps, longtemps !
C'est comme ça, qu'un jour,
en lisant un livre de Katarina Mazetti,
il est tombé en arrêt devant cette phrase
comme une révélation:
-réparer des bulles de savon éclatées
et faire sourire des poupées de chiffon,
ça peut prendre du temps.
Je ne sais pas s'il s'y est mis
mais les bulles de savons, moi, je trouve ça joli...
Et comme justement
je viens de recevoir la carte des citations de mon amie Agathe,
cette carte qui doit voyager sur toute la planète,
j'ai donc piqué la phrase à l'arbre
parce que le temps à prendre
pour faire sourire les poupées de chiffon,
ou d'autres trucs comme ça
j'en ai...
L'amitié, c'est comme le tricot
il faut du temps et beaucoup d'attentions.
chaque petite maille fera le joli pull
chaque petit geste La rendra bien plus grande
Et finalement les deux
tiendront bien chaud au coeur...
pour mon amie Agathe
J'aime à placer ma chaise sous le vieux rhodo au tronc tout sinueux,
si vieux, tout torturé par l'âge et tout ce qu'il a vu,
comme si, traumatisé par la souffrance des hommes en ces temps perturbés, il avait voulu, en symbiose , se courber et se tordre de si grand désespoir.
Je le regarde faire,
dresser ses cônes érotiques comme autant de drapeaux érigés en fierté
que rien ne peut abattre,
promesses de délices à qui sait résister,
promesses de liberté...
Et déjà, apparaissent quelques pétales rouges
qui forcent le bourgeon comme le sexe d'une femme.
Rouge sang...
circulant par sa sève...
gwad an douar
c'est le sang de la terre...
par temps froid
près de la cheminée
collés-serrés...
J'ai rendez-vous chez le docteur ce soir
et comme il aime à nous prendre en fin de journée,
je mitonnais un poulet au curry pour avoir prêt le repas en rentrant.
La maison embaumait les épices
et je me régalais d'avance en parfaite petite femme de maison prévoyante car je le soupçonnais fort, ce toubib, de nous prendre en dernier pour se changer les idées de sa dure journée de labeur à encaisser les malheurs et douleurs de ses nombreux patients.
Il aime en effet discuter bricolages avec mon obélix et me sortir à moi quelques plaisanteries dont il est le premier à en rire, tout content.
Moi, je l'aime bien car il dédramatise, sans m'envoyer jamais ni voir l'esspécialiste ni ceusses de l'hopital; d'ailleurs la médecine, il est un peu contre et pour sa part, il se soigne jamais.
Alors ça me va bien...on est du même avis...
La cuisine embaumait les épices, disais-je,
et comme toujours quand je sens les épices, ça m'emmène voyager surtout vers mon pays lointain, celui où je suis née...là où les femmes se font belles, maquillées, parfumées et sapées pour sortir à la fraicheur de la nuit déguster une glace sur les boulevards et montrer leur beauté...
De toutes ces habitudes, je n'en ai gardé qu'une, perpétuant ainsi les coutumes de chez moi.
Comme je te racontais, je touillais ma marmite
et ma cuisine embaumait les épices...
C'est vrai, que les coutumes, je les avaient balancées par dessus mon épaule et question féminité avec mes grosses godasses, mes cheveux mal coupés....je posais un peu, là !
C'est comme ça que je me suis mise à penser à mon amie Sophie...
Sophie c'est la sagesse, une tête pleine de pensées philosophiques, bien plus que je n'en aurai jamais; mais ce qui me plait le plus, chez elle, c'est que derrière tout celà il y a une grande humaniste.
Elle m'appelle "douce dame" (moi avec mes sabots!) et me dit que je suis "la reine des fées" et alors je la crois parce qu'elle fait partie de ceux là qui savent titiller ce que t'as de bien en toi que tu te sens meilleur !
Oui, pour Sophie, je suis une reine, et si elle le dit: c'est vrai !
Donc, dans ma cuisine qui sentait les épices,
j'ai arrêté la tambouille
et suis allée me préparer pour mon rendez-vous
( avec le médecin, faut suivre !)
J'ai pas fait tous les gestes des femmes de mon pays quand elles sortent le soir pour manger leur glace sur les boulevards;
mais j'ai fait le seul qui me reste...
c'est comme ça que quand il s'est penché sur moi pour m'ausculter, le peu d'air déplacé a fait s'envoler une odeur de curry aux effluves de Chanel.
Une reine...en sabots, d'accord
mais faut c'qui faut, quoi !!!
pour Sophie
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