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De Najac . . . aux landes bretonnes
à la recherche du monde perdu
Alors que j'étais occupée à préparer mes boulettes,
quelle ne fût ma surprise de voir que mon voisin, lui, s'occupait de la nourriture de l'esprit !
C'est vrai que mon voisin est aussi musicien...
Oh, la bonne idée, me dis-je,
un peu de culture ne peu pas faire de mal !
Je m'en vais leur suspendre quelques livres
et une calculatrice...
si seulement ces oiseaux apprenaient à compter
et pouvaient par quelques trilles joyeuses régler toutes mes factures...
Et puis, qui sait, après...
les grandes écoles...
Là perchés sur mon chêne,
mes énarques ailés pourraient me conseiller peut-être pour qui voter ?
parce que, moi, alors là.....
Ce matin là,
à peine le jour levé,
ce ne fut qu'un cri courant de bouche en bouche dans les rues du village:
-"les boulettes, les boulettes sont là !"
Ils arrivèrent...
d'abord les habitués,
leur famille,
les amis de la famille,
les copains des amis
et leurs tutti quanti...
Il y en avait partout, sur la table du jardin
sur le sol
des timides, des cachés
et même des effrontés
une jolie tourterelle
et des pigeons bien gras, des merles bien râblés et même un pinson du nom de Kasimir !
trop fût trop !
mon jardin était un film d'Hitchcock
et même mon beau chêne en a pâli d'horreur
avant
après
Faut dire que je me suis vite trouvée débordée
surtout qu'en ces temps de crise la nourriture est chère !
Alors je me suis mise à faire moi-même les boulettes
en voici la recette:
-acheter le grain par kilo (j'en ai trouvé à 1euro 50)
-prendre du tournesol pour tartine, si possible allégé
(pour qu'ils grossissent pas trop )
-attendre d'avoir bricolé (d'avoir les mains abimées)
-touiller les graines dans la pate à tournesol
(ça soigne les mains en même temps=d'une pierre deux coups!)
-prendre un petit filet (vide) d'aïl ou d'échalote
-mettre les boulettes dedans
-suspendre et se laisser surprendre ou en faire une note sur son blog...
bien à vous
C'est une petite étagère
que nous avions volée dans une maison abandonnée.
A peine digne d'occuper un coin d'angle,
même pas pour de vraie à trôner contre un mur,
à porter des objets d'une grande valeur;
non, juste une petite chose
à se faire oublier dans une grande maison vide,
lors d'un déménagement, qui sait ?
une petite étagère sans grande importance...
J'ai mis bien des années à savoir quoi en faire
et un jour,
depuis peu,
comme si elle m'avait parlé,
je lui ai peint quelques fleurs sans couleur,
d'un blanc qui me semblait aller avec sa modestie.
Depuis elle m'accompagne tout auprès de mon lit
et éclaire d'une douce présence
mes nuits de veilles peuplées de questions sans réponses.
J'aime les choses comme ça, sans grande importance,
qui savent combler les yeux ouverts
de ceux qui savent les regarder.
Il ya des jours comme ça, où l'esprit complètement flagadassé,
du fond de mon petit loch (cabane) que je me suis aménagé comme atelier au fond du jardin, je suis en manque d'inspiration.
En manque de muse et un peu skuizh (fatiguée)
je me dis que vraiment y en a une qui ne tient pas la marée bretonne !
Découragée je regardais les fleurs que j'avais mis à la sêche pour l'herbier géant d'Agathe vu qu'Agathe a toujours des idées comme ça !
Complétement spontée (sidérée) je ne pouvais que constater qu'en sêchant elles avaient perdu toutes leurs couleurs.
Ah! boued ar group (c'est un gros mot je peux pas traduire)!
on va voir ce qu'on va voir !
Me donnant des airs de Picasso femelle,
je me suis mise à repeindre les fleurs.
Me prenant pour la main d'un dieu à l'heure de sa création
j'aquarellais les orchidées
sans aucune conscience de mon hérésie.
sacrilège !
profanation !
mais qui me donna une satisfaction délectable et jouissive,
comme seule peut me procurer la dégustation d'un bagel (petit pain juif)
accompagné d'un thé à la menthe (thé arabe)
ah, saadou la torr-revr (casse-bonbon),
quand tu te prends à flaper (bavarder à tord et à travers) !
ben oui, la terre est ronde
et si petite !
pour qui possède des bottes de sept lieues , un nez rouge et plein de fantaisie
de Najac en Bretagne, il n'y a qu'un pas.
mon ami Piccolo ( clown de son état) arrive en Bretagne pour présenter le dernier film de la trilogie de JH Meunier:
"y'a pire ailleurs"
Piccolo (mon amour de clown)
JH Meunier est un cinéaste najacois qui a réalisé trois séquences de vie sur certains habitants de ce petit village médiéval.
"la vie comme elle va"
"ici Najac, à vous la terre"
"y'a pire ailleurs"
ses films sont à la fois plein de tendresse, de poésie et de drôleries.
voici les dates et les lieux de passage de ce film :
monsieur Piccolo
venez nombreux !!!!!
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